Bonjour à tous

Campagne de France est bien arrivé jeudi soir (jeudi matin pour l’Europe) à Auckland, ou plus exactement à Devonport, petite ville accueillante située juste en face de Auckland.

Simon Gundry, fidèle ami depuis l’époque de ma première Whitbread (il était à bord de Ceramco New Zeland avec Peter Blake), en  parfait “project manager” avait tout remarquablement bien organisé (place de port, immigration, voiture, hébergement… et aussi du bon manger)  et nous attendait sur le quai. Retrouver cet ami et finir cette navigation dans la fabuleuse baie de Auckland ne pouvaient effacer complètement notre déception, mais au moins nous permettaient d’en diminuer l’amertume. Même si notre plan n’était évidemment pas de revenir en Nouvelle Zélande, il y a tout de même de bien pires endroits dans le monde pour atterrir à l’improviste.

Le temps de ranger le bateau et de le nettoyer un minimum il fait déjà largement nuit, et malgré le fait que nous nous couchions fort tard, nous profitons encore du rythme de la Mer pour programmer un réveil au petit jour, afin d’attaquer au plus vite notre liste de petites bricoles à faire avant de pouvoir reprendre la Mer dans les meilleures conditions.

Voici une journée qui s’annonce fort bien, d’autant plus que le soleil est de la partie, ce qui est toujours préférable qand il s’agit de nettoyer et sécher de fond en comble un bateau après un séjour d’un certain temps en mer.

Hélas, une bien curieuse nouvelle vint troubler la digestion de notre café (ou plutôt du thé pour Miranda). Nous apprenons que la marque virtuelle que nous devions virer a été déplacée beaucoup plus au Sud et que sa latitude a subitement glissé de 47°Sud à 50°Sud! Cette décision a été prise par le Comité de course, afin d’éviter  à Cessna et Financial Crisis de rencontrer au passage de la “scoring gate” les  forts vents contraires que nous avions prévu.  Comme nous ne tenions pas spécialement à les affronter, cela a lourdement pesé dans la balance pour notre difficile décision de faire demi tour. Même si certains pensent, à tort, que Campagne de France ou son équipage ne sont pas capable de faire du près dans la brise, nous préférons franchement dire que ce n’est pas la peine d’aller se jeter dans la gueule du loup et qu’étant donné les régions où nous nous aventurons ce n’est peut-être pas la peine de prendre les risques qu’impliquent une navigation au près dans la baston. 

Au moment où nous réfléchissions quant à l’attitude à adopter, à savoir continuer ou pas la course dans cette 3ème étape, la situation météo à venir a largement influencé notre douloureuse décison de faire demi-tour, sachant que les vents forts dans lesquels nous nous trouvions alors allaient bientôt mollir, mais c’est beaucoup plus la situation à moyen/long terme que nous préoccuppait.

 

Sage décision maritime de la part du Comité que d’essayer de préserver la flotte, mais curieuse décision quant à l’équité de la course. Notre première pensée, a évidemment été pour Phesheya, qui depuis bien longtemps avait justement prévu (tout comme nous) que la dépression tropicale (une sorte de cyclone) allait poser un gros souci au moment de franchir la “porte”. L’analyse météo de Phesheya a largement influencé leur option très nord, sage pour négocier le cyclone (nomé Cyril), mais très pénalisante quant au positionnement par rapport aux concurrents sur le plan course. C’est bien pour cela que nous avions éliminer cette alternative, car pour nous elle était synonime d’un certain renoncement au classement et à la course.

Loin de nous pourtant l’idée de blâmer pour autant le Comité de course pour cette décision, dans la mesure où, d’après  les instructions de course, il a parfaitement le droit de le faire. Et surtout nous n’allons pas chercher une excuse quelconque pour justifier notre décision, c’est la notre et c’est bien nous seuls qui l’avons prise, en fonction de notre analyse de la situation à venir.  En déplaçant sagement la “scoring gate” pour la “sécurité” de Cessna et Financial Crisis (dixit le communiqué de l’Organisation), le Comité de course ne fait que nous conforter sur la pertinence de notre analyse météo et sur le fait que nous allions effectivement nous retrouver dans une béchamelle infernale au moment d’arriver à la porte. Cela prouve au moins que notre décison était la bonne au moment où elle fut prise, et compte tenu des informations dont nous pouvions disposer alors (à savoir une marque à virer par 47° Sud et 127°30 West…). Tout cela est un peu couillon et ça nous fait une belle jambe d’avoir eu peut-être “raison”, mais si chaque fois que l’on prend une décison il fallait mettre dans la balance “on verra bien et peut-être que cela va s’arranger où qu’il y aura des changements imprévus” nous nous éloignons d’une approche strictement maritime et responsable.

Bref, c’est fait et c’est comme ça. La nouvelle doit être digérée, elle appartient au passé. Le bon accueil et la courtoisie des Services des Douanes Néo Zélandaises, qui nous a souhaité un “Welcome back” (citation suffisamment rare de la part de ces Autorités pour qu’elle mérite d’être soulignée…) nous ont rappelé encore une fois que la Nouvelle Zélande a beau être loin de tout, que c’est un sacré pays et que nous voici bien au bon endroit pour préparer l’avenir et notre retour vers l’Europe. Il est encore trop tôt pour connaître notre chemin et notre programme, mais Campagne de France est en bon état et bientôt prêt à repartir vers de nouvelles aventures. Etant donné que nous sommes à “L’Autre Bout du Monde”, (pour reprendre le titre d’un livre de O’Brien, qui a inspiré le film “Master and Commander”), il va bien nous falloir revenir. Cela prendra certainement du temps. En tous cas suffisamment pour échapper aux rigueurs incroyables de l’hiver que l’Europe semble subir, e t nous compatissons. Bien à vous.

CAMPAGNE DE FRANCE

AUCKLAND - NOUVELLE ZELANDE

Last night just before dark, taking advantage of the now relatively benign conditions, I went up the mast to secure the main wind wand which was swivelling around. The various saftey mechanisms which keep the wands attached to the masthead where they are subjected to pretty violent motion had mainly held, but a few hours more upwind slamming would have seen the main wand join countless other wands on the ocean floor. Much use of electrical tape, and the wand is more or less aligned and not going anywhere for now. Over the past few days, as the wind and sea has abated, a thorough inspection of the boat has turned up a longer repair list than the previous two legs combined. Nevertheless our brief foray into a small corner of the Pacific Ocean will not have been not that far off the length of a transatlantic crossing.

This morning we passed East Cape with its stunning mountains behind, flying downwind with the wind acceleration around the land, the air full of the scent of damp earth. We are now crossing the Bay of Plenty under a cloudless night sky, and should reach Auckland in a day or so (the wind has gone on extended tea break). We have plenty to keep us busy in Auckland, getting Campagne de France back into racing mode, and working out what next.

We will let you know as soon as we have a plan.

Campagne de France

Bonjour à Tous

Nous venons de passer East Cape, poussés par une bonne brise portante de Sud Est. Le Cap Est marque la pointe Nord Est de l’Isle du Nord de la Nouvelle Zelande et nous voici donc revenu en longitude Est, donc en avance sur l’Europe, après une incursion assez prononcée dans les longitudes Ouest.

Nous n’y avons pas fait très attention, et sur la carte notre petite “virée” en Pacifique ne représente qu’une bien petite arabesque à l’échelle de cet immense Océan, mais nous avons tout de même parcouru quasiment l’équivalent d’une Transat!

A priori, il doit y avoir des routes plus directes pour rallier Wellington à  Auckland, et je ne suis pas persuadé que notre itinéraire ai grande chance de succès à l’avenir pour tout navire désirant joindre la capitale administartive à la capitale économique de la Nouvelle Zélande. Mais il faut dire que lorsque nous avons quitté Wellington, nous étions bien persuadé de ne pas revoir la Nouvelle Zélande avant bien longtemps.

Le vent dont nous avons bénéficié au passage de East Cape, que nous avons laissé à quelques 18 milles par notre travers pour éviter tout dévent, fut bien renforcé par l’effet d’accélération dû au haut promontoire montagneux caractéristique de cette pointe. Nous avons ainsi enregistré momentanément jusqu’à 26 à 28 noeuds à l’anémomètre, et quand cela vient de la bonne direction cela fait du bien. Profitons-en, car cela ne va pas durer et nous nous attendons à rencontrer des brises faibles d’ici notre arrivée à Auckland.

Hier au soir, juste avant la tombée du jour, nous avons profité d’une amélioration des conditions de mer pour envoyer Miranda en tête de mât afin de faire une opération de sauvetage pour nos  précieux instruments indicateurs de vent, très durement malmenés par les quelques jours de près dans la baston. Nous pouvons vraiment dire que nous avons eu de la chance, car toutes les sécurités mises en place ont bien joué leur rôle et non seulement nous n’avons rien perdu, mais en plus nous avons pu tant bien que mal refixer provisoirement tout cela pour que ce précieux matériel reste en place au moins jusqu’à Auckland. Merci à celui qui a inventé le ruban adhésif.

Avoir un support de girouette qui tourne avec le vent n’est pas très pratique pour connaitre l’angle que fait le vent par rapport au bateau et nous avons donc remis tout ça en configuration plus normale, à savoir les capteurs de vent sont bien solidaires de la tête de mât. Il est difficile d’imaginer quels mouvement peuvent ainsi arriver à démantibuler tout ça, vu la façon dont c’est fixé. Il doit être difficile de pouvoir enregsitrer des tels mouvements, vu qu’il faudrait déjà trouver la bonne méthode pour fixer le capteur lui-même. En tous cas encore quelques heures à insister à secouer le bazar et nos girouettes allaient rejoindre les nombreuses autres qui jonchent le fond des Océans. Nous n’aurions plus eu d’indication de vent,ce qui n’est pas pratique, en plus du fait que ce matériel est fort onéreux à remplacer. Quelle bonheur de retrouver maintenant des indications de vent se rapprochant de la réalité! Le premier satisfait est Nestor qui s’applique à barrer au mieux de puis qu’il a retrouvé toutes ses facultés sensitives.

Nous commençons à faire notre liste de travail pour Auckland et nous sommes un peu dépités du ratio entre jours de navigation et bricoles en découlant. En quelques jours de près nous nous retrouvons avec plus d’usures diverses que sur les deux étapes précédantes. Absolument rien de bien grave, et rien qui puisse vraiment justifier le fait que nous nous soyons déroutés vers Auckland, mais pas mal de petits bobos à soigner tout de même d’urgence avant que cela n’empire. Aussi, comme il est plus facile de bien inspecter le bateau quand les conditions sont plus calmes, il est normal de découvrir certaines “surprises”. Bref, notre séjour proche en Nouvelle Zélande s’annonce assez studieux, car quelque soit le programme futur, nous avons un peu de travail pour remettre Campagne de France au mieux de sa forme. Mais ceci n’est finalement pas plus mal, car notre déception n’est pas toujours facile à gérer et pour reprendre une phrase célèbre de notre cher et très regretté Michel Audia rd : “si on bricolait plus souvent, on aurait moins la tête aux bêtises”.  Heureusement que nous serons en terrain ami et nous savons que nous allons pouvoir trouver toutes les ressources qui vont nous permettre de gérer nos divers petits soucis.

It is most odd to be going in completely the opposite direction from the one originally planned, and in solid downwind conditions - the very conditions you would hope to carry you towards Cape Horn… And here we are heading for Auckland, the wind and the sea with us, while throughout the long period of preparation for the Global Ocean Race, one of the key motivations was the thought of surfing the Pacific swell in the legendary westerly winds of the Roaring Forties. And instead there is an easterly wind flow over the area!

We are of course aware that it is not usually possible to cross an ocean in perfect downwind conditions, and that there will be unfavourable wind at some stage or other. But there are limits to what is acceptable. The current weather is mos definitely not in the brochure, nor does it much resemble previous visits to this part of the world (six times between the two of us).

The weather serves as a permanent reminder of just how powerless and useless man can be in the face of nature.  We feel quite small, and a certain respect for the power of nature is a requirement when embarking on any outdoor adventure.

One cannot aways lay the blame for failure on the weather, or lack of luck or any other excuse which could save face publicly. Bad luck doesn’t exist and the opposite of luck is risk. Any enterprise carries the risk of failure, and sometimes that can be down to us. The most important thing is to overome failure and retain any lessons for future enterprises. And that it what is keeping us occupied at the moment.

Not every single mountaineer has always successfully summitted, nor has every skipper crossed the finish line on the other side of the ocean. Over and above natural obstacles, failure can be down to a lack of suitable equipment, often due to inadequate preparation, or simply that man was not strong enough on the day in question to draw on his deepest reserves to overcome these obstacles. And sometimes you simply have to recognise that it is not the right time, for on that particular day, Nature will have the upper hand.

Despite the fact that we are out of the race, we are of course following with admiration our brave fellow sailors who are continung their route towards the east, come what may. We nevertheless think that we are better off where we are now. If selfishly that is true for us (though comfort wasn’t something we expected to find in the GOR!), it is especially true for our boat. Campagne de France has already carried us to the far side of the world, and we intend to get home with the boat in one piece and in good condition. So from that point of view, we don’t regret our decision, knowing how upwind sailing loads the sails and equipment.

We don’t as yet know by which route or how we will complete this voyage around the world, for we do not intend to settle in New Zealand (though a superb and welcoming country it is). The change in circumstances by being out of this leg presents a new adventure in itself, with many unknowns ahead of us. We will have to get over our huge disappointment to tackle the various problems that have arisen with this unforeseen scenario. But real life is like that. If everything always went perfecty to plan, the world would be a boring place.

We are thinking a great deal of all of you have supported us in this Adventure, and that is why we intend to get back on track one way or another, so that we can continue sharing with you this slightly mad undertaking of world tour on a small 40’ sailboat.

More soon, for Campagne de France’s voyage around the world is not over

Quelle impression bizarre d’être en route inverse de la destination prévue initialement, avec des brises portantes soutenues, soit les conditions espérées pour essayer d’atteindre le Horn…. Nous nous retrouvons en route vers Auckland avec la mer et le vent avec nous, alors que pendant toute la longue préparation de cette Global Ocean Race, une de nos motivations étaient justement de venir jouer avec les vents d’ouest légendaires des 40ème rugissants pour dévaler la houle du Pacifique. Et c’est un mauvais flux d’Est qui règne sur les lieux!

Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs au point de croire que l’on peut traverser un Océan avec que des brises portantes permanentes et que l’on ne rencontrera pas des vents contraires à un moment où à un autre. Mais il y a tout de même des limites sur les doses acceptables.

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond et il doit forcément y a voir une erreur quelque part. Nous avons un peu l’impression d’avoir été abusés par une brochure publicitaire mensongère, où bien d’avoir visité les pavillons témoins les fois où nous avons déjà fait ce parcours (six fois à nous deux, Miranda et moi), car vraiment cela ne ressemble aucunement à ce que nos souvenirs nous laissent.

La Météo, dans son rôle de piqure de rappel permanente aux hommes pour leur montrer combien ils sont impuissants et encore ignares face aux mystères de la nature, est bien la meilleure garante d’humilité face à toutes véléités de prétention. Nous nous sentons tout petits quelque part et c’est donc bien avec un certain respect qu’il faut se lancer dans toute aventure entrainant une confrontation avec la Nature.

Il ne faut pas non plus toujours imputer ses échecs à la faute à la météo, à pas de chance, ou à tout autre prétexte qui peut éventuellement permettre de faire semblant de sauver la face en public. La malchance n’existe pas et le contraire de la chance c’est le risque. Dans toute entreprise il y a un risque d’échec et bien souvent il faut savoir admettre que nous en sommes la cause. Le plus important est de savoir comment les surmonter et en tirer les enseignements pour les entreprises futures. Et c’est bien ce qui nous occuppe la tête en ce moment.

Tout alpiniste n’a pas toujours atteind le sommet visé et tout skipper n’a pas toujours franchi la ligne d’arrivée de l’autre côté de l’Océan. Au-delà des obstacles naturels il a pu y avoir un défaut matériel, souvent du à une mauvaise préparation, ou bien tout simplement l’homme n’a pas été assez fort ce jour là et n’a pas su puiser au plus profond de lui-même les ressources nécessaires pour surmonter ces obstacles. Et des fois aussi, il faut savoir reconnaitre que ce n’est pas le moment, car ce jour là ce sera la Nature qui aura le dessus.

Bien que retirés de la course, nous suivons évidemment, avec admiration, nos courageux camarades qui continuent, vail que vail, leur route vers l’Est. Nous pensons que nous sommes tout de même mieux là où nous sommes. En tous cas, si ce constat est égoïstement vrai pour notre petit confort (mais nous ne nous sommes pas engagés dans la GOR en espérant y trouver du confort!), il est surtout beaucoup plus vrai pour notre Bateau. Campagne de France nous a déjà amené vaillament jusqu’à l’autre bout du Monde et c’est bien avec un bateau entier et en bon état que nous comptons rentrer. Donc de ce côté là nous ne regrettons pas notre décision, sachant à quel point les allures de près sont éprouvantes pour le matériel et les voiles.

Nous ne savons pas encore par quel chemin ni comment nous allons finir notre tour du monde, car nous n’avons pas l’intention de nous installer en Nouvelle Zélande, même si c’est un pays formidable et fort accueillant. Quelque part, en sortant (momentanément ou définitivement, il est encore trop tôt pour le savoir) de la course et de son organistation, avec son parcours, ses lieux et dates d’escales prévus, nous avons un peu l’impression de nous lancer dans une nouvelle aventure, tant il y a d’inconnu sur notre nouvelle route. Il va nous falloir surmonter notre immense déception pour faire face aux divers problèmes qui se posent à nous avec cette situation nouvelle, et par définition imprévue. Mais il en est ainsi de la vraie vie en général. Si tout se passait toujours comme prévu il n’y aurait pas de place aux espoirs pour certains, et le monde risquerait de devenir bien ennuyeux.

Nous pensons fort à vous tous qui nous avez soutenu dans cette Aventure et c’est pourquoi nous avons la ferme intention de rebondir d’une façon ou d’une autre, afin de continuer à pouvoir vous faire partager cette entreprise un peu folle de se lancer dans un tour du monde à la Voile sur un petit voilier de 40’.

A bientôt donc, car l’histoire du Tour de Monde de Campagne de France ne saurait s’arrêter ainsi.

Despite our position to the south, where there should have been a little less wind and sea, the conditions have been deteriorating, and the boat has been taking a pounding. In light of the weather forecast between now and the scoring gate, we have taken the difficult decision to head north while we consider our options. Indeed the sea is worse here, but we are sailing downwind. We have been poring over weather maps to find a way through that does not involve many days of beating and likely boat breaking conditions. A route south of the scoring gate would take us into a minefield of icebergs, and anyway, missing the scoring gate is against the rules.

We will keep you posted.

Campagne de France

The rather fine downwind conditions of the last couple of days are over for the foreseeable future. The weather ahead looks set to deliver anything but much anticipated Pacific Ocean downwind surfing. It would in fact be a good year for an attempt on the ‘wrong’ way westabout round the world record, which is normally against the prevailing winds and currents, but which just now would be WITH the prevailing winds for many days; as for us lot, allegedly sailing the ‘right’ way round the world, we will shortly be going upwind. Definitely not in the brochure! Perhaps the forecast will change.

Last night at dusk, before the front went through, the whole sky was suffused with an unhealthy yellow glow. The wind shifted to the south, with the temperature becoming rather icy. Today it is sunny in between the squalls, but getting ever colder.

Campagne de France

Bonjour Amis de la Terre

Nous voici repartis, en route pour l’Uruguay, avec le Cap Horn a contourner.

Après presqu’un mois d’escale en Nouvelle Zelande, ce n’est pas sans un petit pincement au coeur que nous quittons ce beau pays et ses habitants si accueillants.

Etant arrivés à Wellington avec une liste de travail “raisonnable” sur le bateau, nous avons pu profiter de cette escale pour passer des bons moments avec nos Amis Kiwis.

La première fois que j’ai découvert la Nouvelle Zélande, c’était à l’occasion de ma première Whitbread sur Mor Bihan, en 1981/82. Durant cette course autour du Monde nous avions pu rencontrer des équipages de tous horizons et notamment nous avions beaucoup sympathisé avec l’équipe de Kiwis de Ceramco, mené par Peter Blake. Depuis des solides amitiés ont perduré  et c’est avec un infini plaisir que nous avons pu nous retrouver. Quelle bonne surprise de voir la bonne tête de Simon Gundry sur le quai à Wellington! Dès que nous avons fait les premiers travaux sur Campagne de France et le grand nettoyage d’après course, nous sommes donc montés vers Auckland, ou plutot Devonport, pour retrouver Simon, avec qui nous avons passé 10 jours inoubliables. Avec lui nous sommes montés vers le Nord de l’isle du Nord, dans la fameuse Bay of Islands (Baie des Isles). Et nous y avons même navigué. Comme quoi il faut croire qu’il est tout de meme difficile de se lasser du plaisir de la découver te des beaux endroits avec un voilier, même après une étape éprouvante de 32 jours de mer…

Retour ensuite à Wellington où nous étions hébergés chez Guy Beaumont, encore un ancien de la Whitbread, qui courrait avec Peter Blake sur Lion New Zealand en 85/86, alors que je naviguais sur Côte d’Or aux côtés d’Eric Tabarly.

Le Dimanche 29, il a fallu quitter tous ces amis pour prendre le départ de notre 3ème étape. Wellington, une des villes les plus ventées que je connaisse, nous  avait exceptionnellement organisé un départ dans des conditions clémentes, ce qui est toujours plus sympathique, ne serait-ce  que pour les bateaux spectateurs.

Par contre, après une sortie de la baie de Wellington dans une petite brise de nord, nous avons été méchament accueilli dans le Détroit de Cook par un mauvais vent de Suet, c’est à dire dans la tronche, et avec les courants qui règnent dans les parages nous avons donc eu droit à une mer épouvantable. Entrée en matière pas sympathique du tout et petite piqure de rappel pour bien nous montrer que le Cook Strait est un des endroits les plus viscelard du Monde et que les vacances c’était bien fini.

Au moment où je vous écrit, nous entammons notre deuxième nuit et petit à petit le rythme du Large reprend. Manoeuvres, barre, navigation, et dodo quand on peut, c’est à dire pas très souvent.

After almost a month in New Zealand, the time came for the start of Leg 3 which takes us from Wellington to Punta del Este, Uruguay, via Cape Horn. We have been totally spoilt during this stopover  both in terms of the local assistance in Wellington with all matters relating to the boat, and for the superb holiday in Devonport and the Bay of Islands laid on by Simon Gundry whom Halvard has known since they competed against each other in the Whitbread Round the World Race in 1981/82. There are many other people to thank, but in particular Geoff and Deb (for tireless assistance and answers to questions, and even dragged out of bed before dawn to retrieve our boom cover during a Wellingtonian gale while we were away), and Guy Beaumont (another former Whitbread sailor) and family for putting us up in their beautiful house.

On Sunday the 29th of January, we were given a find send-off from Queens Wharf. The start of the race was in light airs which is most unusual for Wellington, but once near the heads, gentle downwind turned into upwind, building to 20 + knots in the Cook Strait, accompanied by a filthy sea. Wet and salty right from the beginning of the race.

We have now been at sea for two nights, and have settled back into life at sea - trimming sails, changing sails, getting chased by, or chasing, the competition and sleeping whenever possible. We are past the 180 longitude, with the Chatham Islands about 80 miles ahead. BSL  just astern clearly visible from where I am sitting…

Campagne de France 43 46 S, 178 47 W

Bonjour à tous

Cette petite news, bien que pouvant évidemment être lue, et éventuellement appréciée, par tous, est essentiellement destinée à mes amis architectes et constructeurs de bateaux.

Malgré tout le soin que nous avons essayé d’apporter à la construction et à la préparation de CAMPAGNE DE FRANCE en vue de participer à la grande Aventure qu’est la Global Ocan Race, nous avons oublié une pièce maîtresse du bateau.

J’espère donc que ces quelques lignes mettrons à l’abri d’un tel oubli les concepteurs et constructeurs de bateaux de courses. Spécialement les bateaux destinés à des courses devant traverser l’Anticyclone des Açores, le Pot au Noir, quelques dorsales, et par dessus tout s’engager dans le Cook Strait. En effet, erreur grave, nous avons complètement oublié de prévoir sur CAMPAGNE DE FRANCE un “Soulageur”.

Le “Soulageur” fait pourtant parti de l’équipement de bord à mon avis indispensable, au même titre que les voiles, le mât, le pilote automatique etc…

Le “Soulageur” est une petite partie du navire, de préférence située dans le cockpit, construite d’une solidité à toutes épreuves, Comme diraient les Anglo-Saxons “bullets proof”. Et j’ajouterais “at least”.

Le “Soulageur” est recouvert d’une matière apte à recevoir des coups d’une extrême violence, donnés à l’aide d’un “object contendant” (comme disent les rapports légistes).

La surface destinée à recevoir les coups devra être d’une superficie suffisante pour qu’en aucun cas le coup dudit objet contendant, donné sous l’empire d’une colère extrême, et donc par définition assené sans précision, ne puisse être frappé à côté. Ceci aurait des conséquences fâcheuses pour la structure du navire, non destinée à recevoir ce genre d’impact.

Le choix de cette matière pourra être fonction des souhaits du skipper, mais il est en tous cas important que le résultat des coups donnés puissent être bien visibles, car cela fait parti du rôle thérapique du “Soulageur”. Personnellement, je verrais bien une plaque en aluminimum de 30mm d’épaisseur, environ 250 x 250 mm.

Pour l’objet contendant, qui devra être accessible à tout moment, au même titre que le Grab Bag contenant le matériel de sécurité, le marteau de chaudronnier me parait bien adapté. Bien vérifier toutefois la solidité du manche. Mais je sais que pour certains skippers le comble de la jouissance est d’utiliser une manivelle de winch usagée (en tous cas, si elle ne l’était pas avant, elle l’est après, usagée).

Une variante pour la plaque recevant les chocs, serait de la fabriquer en ardoise épaisse. Il peut y avoir en effet  une certaine jouissance à transformer de l’ardoise en poussière. En plus cette poussière pourrait soigneusement être conservée, afin de la mettre aux pieds des hortensias de la maison après la course. Il parait que ça les rend plus bleus, et quand il fait gris, les hortensias bleux, c’est plus gais.

Vous l’aurez tous compris, le “Soulageur” sert à passer ses nerfs, et il nous a drôlement manqué à bord de CAMPAGNE DE FRANCE ces derniers temps.

Il y a des moments, quand la conjoncture n’est vraiment pas favorable, et que l’on ne fait que constater son impuissance à endiguer le flot des milles perdus sur ses concurrents, et qu’en plus la situation ne s’arrange pas, avec les voiles qui continuent à battre à vous rendre maboule, on finit vraiment par devenir dingue. On sent bien alors qu’il est urgent de pouvoir taper sur quelque chose pour se soulager. Je le reconnais, c’est primaire, pas intelligent, reflète un certain manque de contrôle, mais je peux vous dire par expérience que cela fait rudement du bien et que l’on se sent mieux après. Rien de tel que de donner des grands coups sur quelque chose ou de minchir complètement un malheureux objet pour libérer tous les noeuds qui vous mettent les nerfs en pelote et la rate au court bouillon, et qui par conséquent vous empêche d’avoir les idées claires.

Sur CAMPAGNE DE FRANCE, la pièce la plus solide du bord est vraissemblablement la quille en acier haute limite élastique, merveilleusement construite par DCNS Cherbourg, mais je ne me voyais pas piquer une tête pour aller donner des coups dedans (quoique… il y a des moments où un bain froid, ça calme). Donc j’en ai pris sur moi pour ne pas détruire le bateau, mais je l’ai bien regretté mon “Soulageur”.

Tout ça pour dire que quand on s’engage dans des courses pareilles, et que l’on rencontre des conditions tordues qui vous font voler en éclat tout le petit pactole de milles si durement gagné, il ne faut pas oublier le “Soulageur”. Sinon vous ne pouvez pas savoir l’effort que ça demande pour ne pas s’en prendre à un autre objet, pas du tout prévu pour ça.

Alors Amis Architectes et Constructeurs, pensez-y bien pour les futurs bateaux. Les Skippers qui vous disent qu’ils n’en ont pas besoin sont des frimeurs et des menteurs, ou bien ils ne savent pas encore ce que c’est que la vraie “merdasse”, avec plein de vagues et pas de vent, comme on en rencontre évidemment qu’au Large, et pas dans la Baie de Quiberon.

Eventuellement, pour les non-marins, retenez aussi l’idée du “Soulageur” pour chez vous, ça peut vous éviter de casser (enfin!) le vase hideux que vous avez hérité de Belle Maman et auquel votre femme tient “comme à la prunelle de ses yeux” (bien que reconnaissant aussi la mocheté de l’objet en question…).

Ceci était mon premier conseil de 2012, bien que je ne sois pas forcément bien placé pour en donner, des conseils.

A bientôt

Halvard, à bord de CAMPAGNE DE FRANCE, toujours intact, malgré l’absence de “Soulageur”.